Balade au rythme de l’aquarelle, avec Frédéric Chauvain.

Le rythme est essentiel aussi bien dans la musique, dans la danse, que dans l’Art. Très
souvent, tout est question de rythme. Ce qu’il y a de précieux chez Frédéric Chauvain, c’est
qu’à travers son aquarelle, ce rythme continu rend le moment présent éternel. Focus sur un
artiste en quête de vitalité.

Il n’y a rien de mieux que la danse pour saisir un mouvement, une posture, une courbe, une
ligne. Cet art vivant fut la première source d’inspiration de notre artiste. En effet, après être
entré aux Beaux-Arts, Frédéric en sort avec une maturité artistique renforcée et développe son
envie de participer à l’art populaire. Et pour cela, il faut s’intéresser à ce(ux) qui nous
entoure(nt). Pendant le Festival Darc (Châteauroux, 2007) l’artiste installe son chevalet et
saisi une arabesque, une pointe, la moindre attitude, un échappé. Par sa fluidité, sa
transparence et surtout sa sensibilité, l’aquarelle permet en fait de créer l’instant et de
l’inscrire dans une forme de continuité. Mais cette technique permet aussi de reproduire
l’impression de reflet créé par la présence du miroir. Dans la construction et l’évolution de
son art, Fred se balade et multiplie les voyages. En peignant des paysages, l’artiste travaille
plus nettement ses gammes. Une nouvelle période artistique commence alors avec une
aquarelle beaucoup plus précise. On distingue à nouveau la représentation du reflet, amplifié
par l’eau d’un fleuve, la fenêtre d’une maison. Un peu plus tard, Frédéric Chauvain décide de
retrouver ses racines vietnamiennes. Ce voyage est à l’origine de toute une collection
dévoilant cette terre qui est la sienne.

Dans sa virée parisienne, Frédéric atterrit au 59 Rivoli, en plein cœur de la capitale. L’artiste
participe à des after squats parisiens, organisés dans ce lieu complètement atypique, mais
surtout chargé d’histoire puisqu’initialement bâtiment abandonné, c’est aujourd’hui un des
plus grands centres d’art contemporain ! Répétant les allers et retours entre Châteauroux et
Paris, Frédéric Chauvain participe en 2009 à l’exposition Nu devant vous, organisée dans
l’Indre. On y découvre alors son imposante aquarelle (120 cm x 200 cm), qui annonce une
toute nouvelle collection assez remarquable : l’artiste range ses pinceaux pour peindre ses «
corps carapaces » avec ses deux mains comme seuls outils. Ce travail plus réfléchi résonne avec l’activité professionnelle de l’artiste en G.E.M (Groupe d’entraide mutuelle). En animant des ateliers au sein de ses cafés associatifs où le patient est simplement considéré comme un
être humain, Frédéric prend pleinement conscience de l’homme en souffrance, dans sa
condition psychique. C’est en cela que l’art thérapeutique guérit, en provoquant aussi bien
l’émotion que la réflexion.

Très à l’aise avec l’improvisation, Frédéric s’essaie en 2011 à la première Art battle,
organisée au Forum des Halles (Châtelet). Il fait face à des graffeurs américains et français,
tous très talentueux. De quoi impressionner l’aquarelliste… Les battles ont lieu dans
différentes gares de France et très modestement, il conquit la sensibilité du public et remporte
la finale pour la Gare de Lyon. Cette victoire lui ouvre bien des portes. Frédéric participe à
d’autres types de concours via des hangouts, et s’aventure une nouvelle fois contre les États-
Unis, où les experts du graffiti ne cessent de progresser. Par ces différentes expériences, où
peindre dans l’urgence est un savoir-faire, l’urgence de peindre devient une nécessité. De
retour au 59 Rivoli, Frédéric Chauvain fait plusieurs live painting. Désireux d’offrir une
certaine éternité à l’œuvre et faire de l’instant un souvenir, il pense à commercialiser des
objets dérivés de ces œuvres authentiques. Esquisse de ses premiers pas chez Artgile, ses
œuvres sont désormais imprimées sur du textile dans nos ateliers.

Simple coïncidence ou jeu du hasard, Frédéric s’installe à Lille. L’arrivée dans cette capitale
culturelle lui fait changer de registre. Toujours interrogé sur la nature de l’homme, il
s’intéresse cette fois à son évolution dans un monde où tout va (trop) vite. L’aquarelliste
imagine un scénario pour son film d’animation totalement inspiré de la mythologie
scandinave. Il utilise par exemple l’intelligence et l’empathie du corbeau, trop souvent
étiqueté comme malveillant et associé au vautour, pour dénoncer la frénésie de l’homme
mécanisé. Le monde industriel creuse incessamment un clivage entre la nature et l’homme,
difficile à arrêter.

 

Frédéric Chauvain continue de profiter de l’homme tant qu’il en est encore tant. Portraitiste
coloriste, artiste dans le collectif Mind color bodypainting, body painter pour le festival des
Jardins électroniques, il marque de sa patte artistique chacune de ses rencontres. À la croisée
des mondes, notre aquarelliste continue sa balade pour tous ces moments, à peindre ou à
partager.