Marion Bouton, alias Bleeken, et son crayon enchanté.

Ses dessins nous transportent vers un univers aussi fascinant que troublant. À eux seuls, ils
décrivent tout un monde qui ne ressemble à aucun autre. On peut y croiser une jolie fleur, se
faire bousculer par une montgolfière, ramasser timidement un coquillage sous le regard de cet
étrange méduse. Oui, d’un coup de crayon, Bleeken orchestre sa pensée, et ce, tout en
harmonie.

Son goût pour le dessin existe depuis longtemps. Dans sa petite main d’enfant, Bleeken tenait
déjà le même stylo qui signe son parcours artistique aujourd’hui. Issue d’une formation en
information-communication, elle est assistante d’édition puis se dirige vers la relation client
pour devenir chargée de communication. Illustratrice et graphiste dans l’âme, Marion quitte
ses fonctions pour vivre pleinement de sa passion. En commençant à exposer son travail aux
yeux des plus curieux, elle reçoit de plus en plus de demandes et de commandes. Processus
qu’elle aime, puisque que ça lui permet d’explorer d’autres thèmes dans lesquels elle ne se
serait pas encore aventurée. Son style plaît et nombreuses sont les personnes à vouloir une
œuvre signée Bleeken dans leur salon. Ce travail minutieux au feutre noir lui voue aussi des
collaborations avec des groupes lillois pour réaliser des pochettes d’albums. De quoi séduire
notre bassiste et percussionniste, elle-même musicienne. C’est d’ailleurs constamment en
musique que Bleeken dessine. Et c’est comme si en suivant ces courbes, ces arrondis, on
devinait la mélodie qui l’accompagne.

Si autant de gens lui tendent la main, c’est aussi parce que Bleeken consacre son temps et ses
expositions à des associations et mobilisations artistiques comme SolidArt, organisé par le
Secours populaire. Elle était présente aussi à Week’Art (Wasquehal), un week-end entièrement
organisé autour de l’Art où chaque amateur peut exposer ses créations (peintures, sculptures,
photographies…). Bleeken a aussi travaillé pour la ville de Lille en tant qu’illustratrice. Elle a
réalisé le visuel de la Quinzaine du commerce équitable et a aussi réalisé une fresque
participative pour Lille aux jardins. Elle participe à la dix-huitième édition des Fenêtres qui
parlent durant laquelle, sous le regard des citadins, les artistes racontent une histoire. Dans une ambiance chaleureuse et conviviale, il devient encore plus facile de créer et d’alimenter
son réseau artistique. La capitale des Flandres en est le parfait exemple. Elle y a planté son
jardin secret, à la CoFabrik. C’est dans ce petit paradis entièrement dédié à l’artisanat que
Bleeken dessine et déboutonne son cerveau au service de la création. Avec du noir et du
blanc, elle crée un monde tout en couleurs.

Marion exerce seule mais elle n’écarte pas l’idée de travailler avec d’autres artistes. Elle
reconnaît à quel point ça lui apporte de s’enrichir de chaque talent. Si certains refusent
d’imaginer une collaboration (peut-être par sentiment d’infidélité envers leur processus créatif
?), Bleeken choisit de s’ouvrir à toutes propositions et nouvelles expériences. C’est le cas
avec Artgile, à qui elle propose des illustrations qui se prêtent parfaitement aux différents
objets et supports. Pour ses projets futurs, elle nous a confié son attirance pour le graff.
Pourrait-elle transformer son feutre noir en une authentique bombe… ? En attendant, elle
continue de dessiner pour le plus grand plaisir de ses admirateurs et de développer aussi son
savoir-faire en tatouages. Son blog, bleeken.com, vous offre un avant-goût de ce qui pourrait
orner votre peau un jour.

Difficile de ne pas se laisser tenter par l’invitation au voyage que notre artiste-illustratrice
nous propose. Difficile aussi de ne pas marquer un temps d’arrêt devant chacune de ses
créations puisqu’à chaque coup d’œil, un nouveau détail apparaît. Tout a commencé ce
fameux jour d’examen, quand Marion s’est laissé charmer par les pouvoirs d’un simple feutre
noir. Aujourd’hui, il est le témoin de son évolution et de son art. Si celui-ci s’apparente
certainement au Doodle (gribouillage), on l’éloigne alors nettement de sa définition première.
Ses pensées métamorphosées prennent forme, et l’œuvre prend vie. Finalement, il y a comme
une petite lueur magique qui se voit dans ce qu’elle fait et dans ce qu’elle est. Inexplicable
mais bien réelle.